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Le blog de Tout n'est que litres et ratures par Roger Feuilly

Au quotidien, la cuisine selon les saisons, les vins selon l'humeur, la littérature qui va avec, les bistrots et les restaurants, les boutiques qui nourrissent le corps et l'esprit, bref tous les plaisirs de bouche et de l'âme.

Jean-Luc Poujauran, ça vous dit quelque chose ?

JeanLucPoujauran.jpgPour les badauds de Temple Street à Dublin, ou de Princess Street à Edinburgh, il est le French baker, traduisez le boulanger français, un honneur qui, Outre-Manche, a valeur de titre de noblesse. Mais n’attendez pas que cette notoriété monte à la tête de JLP, jeune quinqua romantique à lunette, enraciné depuis plus de 30 ans à Paname. S’il s’accorde bien quelques sorties récréatives par-delà les mers pour le sacro-saint Tournoi des Six Nations, Sir Jean-Luc Poujauran demeure le gardien des valeurs du pétrin dans les entrailles – le mot est approprié – de sa rue Jean-Nicot. A la lumière d’une boutique à la façade rose pendant 23 ans (jusqu’en 2003), il a pris de la profondeur tout près de son enseigne éponyme. Il a aménagé là huit caves en enfilade pour fournir, désormais, bistrots, brasseries et restaurants de miches à se damner. Le Montois ne marche pas sur l’eau, il l’éclabousse de l’intérieur tel Saint-Jacques apparaissant couvert de pavot, de sésame et de figues à défaut de coquilles. Son secret ? Sa passion associée aux souches de levain de son père qu’il bichonne tels des ortolans dans leur cage, lesquelles sont aussi précieuses pour ce dandy landais que le serait un trousseau pour une promise. D’ailleurs, ne déclare-t-il pas modestement « un fournil comme le mien, il n’en existe pas un autre à Paris ». – Pcc Alain Gex, in « Le Guide Feuilly 2010 », Editions Le Pari du Goût.

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